Plusieurs enquêtes et études ont
été menées par le CEMAGREF afin de mieux
connaître ce secteur d'activité.
La première constatation est le contraste
entre les petits et les gros élevages :
- les petits éleveurs (1 à 9
bovins), les plus nombreux et les plus diversifiés, ont
conservé des pratiques traditionnelles (race créole,
élevage au piquet, non utilisation d'engrais) et associent
les cultures maraîchères et vivrières, les
ovins/caprins, les porcins ou la volaille à l'élevage
bovin ;
- les gros éleveurs (20 bovins et plus)
sont davantage spécialisés dans l'élevage
bovin, qu'il associent parfois à une ou deux grandes cultures
(comme la canne, la banane, ou l'ananas) et utilisent les moyens
modernes de production (race brahman et européenne, pâturage
tournant, utilisation d'engrais et désherbants chimiques).
Une autre approche permet de distinguer
3 catégories d'élevage bovin :
2. le petit élevage de loisir
: Ces petits éleveurs font pâturer leurs animaux
au piquet sur savanes naturelles et sur les bords des routes ou
des champs. Ils apportent plus de soins à leurs animaux
que ceux du type précèdent. C'est surtout le moyen
d'occuper un espace disponible et c'est le plus souvent un loisir.
3. le maraîchage - petit élevage
: Ces éleveurs sont tous monoactifs et ont pour activité
principale le maraîchage et les cultures vivrières.
Les bovins pâturent la jachère ou les terrains non
cultivés au piquet et les soins sont occasionnels.
4. le gros élevage de loisir
: Cet élevage est surtout un moyen d'occuper un terrain
familial et une activité proche du loisir. Les animaux
font l'objet de soins assez réguliers.
5. le moyen élevage professionnel
: Ce sont des éleveurs professionnels disposant d'une surface
moyenne et d'équipements d'élevage. Les animaux
font l'objet de soins réguliers.
6. le gros élevage professionnel
: Ce sont des éleveurs spécialisés disposant
d'une surface relativement importante. Le détiquetage et
la vermifugation sont réguliers. Les exploitations sont
équipées (contention, parc d'assemblement, bascule...).
7. culture et élevage : L'élevage
bovin est soit une manière d'utiliser des terres qui ne
sont plus cultivées, soit une diversification à
coté d'une autre culture ou d'un autre atelier animal.
Le fonctionnement de l'élevage est quasiment le même
que celui des gros élevages professionnels.
8. polyculture - élevage : Ces
éleveurs associent un système de cultures et un
troupeau de bovins en pâturage libre sur des savanes naturelles
avec également quelques animaux au piquet sur les jachères
ou au bord des champs. Les soins sont réguliers.
Les études menées auprès
de certains éleveurs ont fait ressortir que la majorité
des exploitations sont sous-équipées. La force de
travail utilisée est essentiellement celle du chef d'exploitation
et il n'est fait appel à de la main d'oeuvre extérieure
que de façon précaire et occasionnelle. Cette situation
s'explique par le coût de la main d'oeuvre et le faible
attrait du secteur.
De plus, en matière de pratique d'élevage,
les deux principaux points faibles rencontrés dans les
exploitations concernent d'une part la brève carrière
des reproductrices (2.5 mise-bas par vache) et d'autre part l'alimentation
(complémentation irrégulière, faiblesse des
cultures fourragères).
De ce fait, la production locale de viande
bovine (assurée en 1994 par 5400 éleveurs détenant
28200 bovins) étant insuffisante pour couvrir la consommation
(17 KG / habitant en moyenne), il est nécessaire de recourir
aux importations (4600 tonnes en 1994) provenant essentiellement
de France.
En conclusion, l'élevage bovin, composante
importante de l'agriculture martiniquaise est conduit par un petit
nombre de " gros éleveurs " et un très
grand nombre de " petits éleveurs "
pour qui, les bovins ne sont qu'une épargne.
Or, au regard des résultats obtenus
par la Station d'Essais en Cultures Irriguées, l'élevage
bovin peut être une activité réelle autre
qu'une simple épargne.
La SECI est le seul élevage ayant un
chargement élevé (6,45 têtes/ha) rendu possible
par une rotation régulière, un apport d'engrais
suffisant et un bon entretien des savanes.
Il faudrait cependant pour cela que les éleveurs
fournissent un effort quant à la fertilisation des savanes
(apport d'engrais, rotation régulière, chargement
adéquat), ainsi qu'à la qualité sanitaire
des troupeaux (traitement systématique du parasitisme).
Parallèlement à ces problèmes
liés à l'exploitation des élevages, un autre
problème se pose au niveau de la distribution de la viande.
En effet, alors que le circuit traditionnel
éleveur boucherie consommateur est en net recul, deux
autres circuits se développent très fortement :
Ces trois catégories regroupent 8
types d'élevage :
1. le petit élevage hyper traditionnel
: Les éleveurs font pâturer leur quelques bovins
au piquet sur des savanes naturelles, jachères et bords
de routes. Très peu de soins sont apportés aux animaux.
![]()
Signataire: Mr FARGUES JF. Source CEMAGREF / C.G.E.O